Qu’est-ce qui vous a motivée à organiser cette conférence le 7 février 2025 à Paris sur l’agriculture et la sécurité alimentaire ?
Quels acteurs clés du secteur agricole et financier ont participé à cette conférence ?
Nous avons eu l’honneur de réunir des acteurs politiques (4 Ministres africains) et économiques du secteur agricole, ainsi que des diplomates, notamment des Ambassadeurs venus partager des expériences concrètes au nom de leurs pays.
Nous avons également bénéficié de la participation de grands partenaires internationaux, dont :
Les responsables des départements agricoles de la Banque Africaine de Développement (BAD), de l’OCDE, de l’UNIDO et du FIDA.
Des représentants de grands groupes industriels, qui jouent un rôle clé dans le développement agricole du continent.
La société civile et la diaspora africaine, venue non seulement de France, mais aussi de pays voisins comme la Belgique et l’Allemagne.
Je tiens à leur exprimer, ici encore, ma profonde gratitude pour leur précieuse contribution à cet événement.
Quelles initiatives concrètes ont été proposées ou mises en place à la suite de cet événement pour aborder ces défis ?
Au lendemain de la conférence, nous avons arrêté un programme ambitieux que nous déployons dans une dizaine de pays en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, notamment en Côte d’Ivoire, au Cameroun, en République Démocratique du Congo et au Sénégal.
Notre objectif fondamental reste inchangé : garantir une alimentation de qualité aux populations locales. C’est pourquoi, pour ces pays qui nous ont sollicités, nous soutenons activement les initiatives de transformation au sein des chaînes de valeur agricole, en lien direct avec la sécurité alimentaire.
En tant que vice-présidente d’Agro Finance Africa, comment votre organisation prévoit-elle de soutenir les projets issus de cette conférence ?
AFA dont je suis la Vice-Présidente, est spécialisée dans la transformation des produits agricoles. Notre organisation étudie quotidiennement les dossiers de financement de PME et de coopératives engagées dans ce secteur clé.
Pour soutenir les projets qui nous ont été présentés, nous nous appuyons sur nos propres instruments financiers : Obligations AFA, Titres participatifs AFA et Actions du Fonds d’investissement SOLIPAR.
Pouvez-vous partager des exemples de projets ou d’investissements récents réalisés par Agro Finance Africa dans le domaine agricole ?
Parmi nos projets emblématiques, nous finançons un programme ambitieux en Côte d’Ivoire, dans la ville de Bouaké. Avec un investissement de deux millions d’euros, nous mettons en place quatre unités de transformation agricole dédiées à la pisciculture, l’aviculture, la riziculture et le maraîchage.
Les travaux ont démarré à l’automne avec nos équipes d’experts et avancent à un rythme soutenu. L’un des défis majeurs est la mise à niveau de 650 exploitations agricoles, un travail considérable nécessitant une approche structurée. Nous avons récemment finalisé les études qualitatives et quantitatives, qui nous ont permis d’établir une base de données robuste pour guider nos actions.
L’étape actuelle consiste à combler les lacunes structurelles : nous devons notamment fournir du matériel et des équipements essentiels pour assurer la modernisation des exploitations. De plus, nous développons des infrastructures complémentaires comme :
Une écloserie et une couveuse, afin de garantir un approvisionnement régulier en poussins d’un jour.
Une officine vétérinaire, pour assurer la santé du cheptel et améliorer les rendements.
Il est crucial de structurer ces éléments en amont avant d’entamer la mise en place effective des unités de transformation.
En termes de financement, nous avons opté pour un modèle hybride associant Equity et prêts, avec l’appui des banques ivoiriennes et la garantie apportée par AFA.
L’objectif final, sur une période de cinq ans, est de transférer la propriété des unités de transformation aux exploitants agricoles, qui deviendront progressivement actionnaires grâce à des mécanismes dédiés. Nous sommes convaincus que ce modèle peut être répliqué dans d’autres collectivités locales en Côte d’Ivoire, mais aussi en République Démocratique du Congo, au Cameroun et au Sénégal, où les besoins et opportunités sont similaires.
Envisagez-vous d’organiser d’autres événements similaires à l’avenir pour continuer à promouvoir la sécurité alimentaire en Afrique ?
Absolument. La communication est essentielle dans notre secteur, et nous avons mis en place un programme ambitieux de conférences, notamment en visioconférence, sur les trois prochains mois. L’objectif est d’attirer davantage d’épargnants vers nos instruments financiers (Obligations, Titres participatifs et Actions), dans le cadre de notre programme O.T.A.
Nous faisons face à un défi majeur : la baisse, voire la disparition, des aides publiques internationales, comme en témoigne le retrait de l’USAID. Il devient donc impératif de mobiliser le secteur privé pour pallier ce manque.
En Europe, et particulièrement en France, ainsi que dans les pays où nous intervenons, nous avons déployé des ressources humaines conséquentes pour lever des fonds. La demande pour nos interventions est croissante, et chaque prise de parole nous permet de rallier de nouveaux soutiens à notre mission.
Dans cette dynamique, j’aimerais évoquer un événement majeur que nous organiserons à Paris à la fin du mois de mai. En tant que Vice-Présidente de la Fédération des Associations Obligations Économiques (AOE), qui regroupe plus de 500 militants et jeunes diplômés des filières agro et agri, nous tiendrons la première convention de la Fédération des AOE.
Cet événement s’inscrit pleinement dans notre engagement en faveur du développement de l’agriculture et de l’agrobusiness, avec pour ambition de contribuer aux objectifs définis dans la Déclaration de Kampala.
Nous sommes convaincus que cette convention sera un moment important, et nous nous réjouissons que Divas Magazine y soit associé.
Article complet à voir ici : https://divas-magazine.com/au-top/liliane-marat-massala-de-la-diplomatie-a-lengagement-pour-le-developpement-africain/
Auteur / Lise-Marie Ranner-Luxin
DIVAS MAGAZINE
